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La Ballade des pendus

L'Épitaphe Villon

François Villon

François Villon

Clément Marot: « L'Épitaphe en forme de ballade que feit Villon pour luy et pour ses compaignons, s'attendant estre pendu avec eulx. »

L'Épitaphe Villon, ou La Ballade des pendus, François Villon

Il existe des traductions en français moderne de la Ballade des pendus, qui donnent le sens général du texte. Cependant, après réflexion, nous avons choisi de proposer des explications de textes plutôt qu'une traduction. Celle-ci, en effet, ne pouvant respecter la forme du poème, ses rimes, enjambements...Et sonorités.

Vous pouvez consulter le lexique du Moyen Français (1330-1500), où vous trouverez les explications sur les vers ci-dessous marqués d'un astérisque.

Frères humains qui après nous vivez
N'ayez les cuers contre nous endurcis*,
Car, se pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tost de vous mercis.
Vous nous voyez cy attachez cinq, six:
Quant de la chair, que trop avons nourrie,
Elle est pieça devorée et pourrie*,
Et nous, les os, devenons cendre et pouldre.
De nostre mal personne ne s'en rie :
Mais priez Dieu que tous nous veuille absouldre!

Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir desdaing, quoy que fusmes occis*
Par justice. Toutesfois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas bons sens rassis*;
Excusez nous, puis que sommes transsis*,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale fouldre.
Nous sommes mors, ame ne nous harie*;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

La pluye nous a debuez et lavez*,
Et le soleil desséchez et noircis:
Pies, corbeaulx nous ont les yeulx cavez*
Et arraché la barbe et les sourcis.
Jamais nul temps nous ne sommes assis;
Puis ça, puis la, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charie,
Plus becquetez d'oiseaulx que dez à couldre.
Ne soyez donc de nostre confrarie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

Prince Jhesus, qui sur tous a maistrie*,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
A luy n'avons que faire ne que souldre*.
Hommes, icy n'a point de mocquerie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre.

manuscrit de l'historien Claude Fauchet


Lettres Persiennes vous propose également de lire la Ballade des dames du temps jadis, et la biographie de Francois Villon.

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