Vous êtes ici: Lettres Persiennes > Textes et extraits > Hégésippe Moreau > Si vous m aimiez

Si vous m'aimiez

Si vous m'aimiez, Hégésippe Moreau

Hégésippe Moreau
(Romance)

Si vous m'aimiez - Hégésippe Moreau

Ménestrel, qui vais par le monde,
N'ayant rien que mon gai savoir,
Si vous m'aimiez, ô belle blonde,
Je me croirais un riche avoir ;
Comme Pétrarque aux pieds de son idole,
A vos genoux courbé bien bas, bien bas,
J'oublierais tout, voire le Capitole,
Si vous m'aimiez… mais vous ne m'aimez pas.

Si vous m'aimiez, ô belle blonde,
De vos baisers seuls j'aurais faim,
Et, sourd à son voisin qui gronde,
Mon cœur s'enivrerait enfin ;
Cœur mendiant, il va, de femme en femme,
Criant misère, et sans secours, hélas !
Le pauvret meurt : il renaîtrait, madame,
Si vous m'aimiez… mais vous ne m'aimez pas.

Et mes chansons fraîches écloses,
Au vent du matin et du soir,
Iraient à vous, comme les roses
Qui pleuvent devant l'ostensoir.
Purifiant l'air de Paris, madame,
Où vous iriez j'irais, et, sur vos pas,
Comme un parfum je brûlerais mon âme,
Si vous m'aimiez… mais vous ne m'aimez pas.

Sur vous, grand' dame que l'on flatte,
Un lorgnon d'or s'est promené,
Et par le nœud d'une cravate
Voilà votre cœur enchaîné.
D'un plus heureux que l'hommage vous plaise
Souriez-lui, marchez fière à son bras ;
Son bras ! demain je saurais ce qu'il pèse,
Si vous m'aimiez… mais vous ne m'aimez pas.

Vous pouvez lire aussi, d'Hégésippe Moreau:

L'Hiver, Dix-huit ans, l'Enfant maudit, le Corse, Sur la mort d'une cousine de sept ans

Vous avez apprécié? Faites passer...  Plus...

Informations légales | Haut