
Jean de La Fontaine
Livre Premier
Vous pouvez vérifier vos connaissances en répondant au questionnaire série 1, lire d'autres Fables, ou retrouver les plus célèbres morales de La Fontaine.
I.
La Cigale et la Fourmi- Vous chantiez? j'en suis fort aise.
Eh bien! dansez maintenant."
II.
Le Corbeau et le RenardLe Corbeau honteux et confus
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.
III.
La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeufLe monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages:
Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs,
Tout petit Prince a des Ambassadeurs,
Tout Marquis veut avoir des Pages.
IV.
Les Deux MuletsIl n'est pas toujours bon d'avoir un haut Emploi:
Si tu n'avais servi qu'un Meunier, comme moi,
Tu ne serais pas si malade.
V.
Le Loup et le Chien- Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encor.
VI.
La Génisse, la Chèvre et la Brebis, en société avec le LionCe droit, vous le savez, c'est le droit du plus fort.
Comme le plus vaillant je prétends la troisième.
Si quelqu'une de vous touche à la quatrième
Je l'étranglerai tout d'abord.
VII.
La BesaceIl fit pour nos défauts la poche de derrière
Et celle de devant pour les défauts d'autrui.
VIII.
L'Hirondelle et les petits OiseauxNous n'écoutons d'instinct que ceux qui sont les nôtres,
Et ne croyons le mal que quand il est venu.
IX.
Le Rat de ville et le Rat des champsMais rien ne vient m'interrompre:
Je mange tout à loisir.
Adieu donc; fi du plaisir
Que la crainte peut corrompre.
X.
Le Loup et l'AgneauLà-dessus, au fond des forêts
Le Loup l'emporte, et puis le mange,
Sans autre forme de procès.
XI.
L'Homme et son imageTant de Miroirs, ce sont les sottises d'autrui,
Miroirs, de nos défauts les Peintres légitimes;
Et quand au Canal, c'est celui
Que chacun sait, le Livre des Maximes
XII. Le Dragon à plusieurs têtes, et le Dragon à plusieurs queues
Ce chef passe, et le corps, et chaque queue aussi.
Rien ne les empêcha; l'un fit chemin à l'autre.
Je soutiens qu'il en est ainsi
De votre Empereur et du nôtre.
XIII. Les Voleurs et l'Âne
De nul d'eux n'est souvent la Province conquise:
Un quart Voleur survient, qui les accorde net
En se saisissant du Baudet.
XIV. Simonide préservé par les Dieux
Les grands se font honneur dès lors qu'ils nous font grâce:
Jadis l'Olympe et le Parnasse
Étaient frères et bons amis.
XV. La Mort et le Malheureux
Cul-de-jatte, goutteux, manchot, pourvu qu'en somme
Je vive, c'est assez, je suis plus que content."
Ne viens jamais, ô Mort; on t'en dit tout autant.
XVI. La Mort et le Bûcheron
Le trépas vient tout guérir;
Mais ne bougeons d'où nous sommes.
Plutôt souffrir que mourir,
C'est la devise des hommes.
XVII. L'Homme entre deux âges, et ses deux Maîtresses
Celle que je prendrais voudrait qu'à sa façon
Je vécusse, et non à la mienne.
Il n'est tête chauve qui tienne,
Je vous suis obligé, Belles, de la leçon.
XVIII.
Le Renard et la CigogneIl lui fallut à jeun retourner au logis,
Honteux comme un Renard qu'une Poule aurait pris,
Serrant la queue, et portant bas l'oreille.
Trompeurs, c'est pour vous que j'écris:
Attendez-vous à la pareille.
XIX. L'Enfant et le Maître d'école
Hé mon ami, tire-moi de danger:
Tu feras après ta harangue.
XX. Le Coq et la Perle
Mais le moindre ducaton
Serait bien mieux mon affaire.
XXI.
Les Frelons et les Mouches à mielOn fait tant, à la fin, que l'huitre est pour le juge,
Les écailles pour les plaideurs.
XXII.
Le Chêne et le RoseauLe vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu'il déracine
Celui de qui la tête au Ciel était voisine,
Et dont les pieds touchaient à l'Empire des Morts.