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Livre Septième des Fables de La Fontaine

Fables I à XVII du Livre Septième

Jean de La Fontaine
Avertissement
À Madame de Montespan

Livre Septième


I. Les Animaux malades de la Peste
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
II. Le mal marié
Retournez au village : adieu. Si de ma vie
Je vous rappelle et qu'il m'en prenne envie,
Puissé-je chez les morts avoir pour mes péchés
Deux femmes comme vous sans cesse à mes côtés.
III. Le Rat qui s'est retiré du monde
Qui désignai-je, à votre avis,
Par ce Rat si peu secourable ?
Un Moine ? Non, mais un Dervis :
Je suppose qu'un Moine est toujours charitable.
IV. Le Héron — La Fille
Celle-ci fit un choix qu'on n'aurait jamais cru,
Se trouvant à la fin tout aise et tout heureuse
De rencontrer un malotru.
V. Les Souhaits
Pour profiter de sa largesse,
Quand il voulut partir et qu'il fut sur le point,
Ils demandèrent la sagesse :
C'est un trésor qui n'embarrasse point.
VI. La Cour du Lion
Ne soyez à la cour, si vous voulez y plaire,
Ni fade adulateur, ni parleur trop sincère ;
Et tâchez quelquefois de répondre en Normand
VII. Les Vautours et les Pigeons
La sûreté du reste de la terre
Dépend de là : Semez entre eux la guerre,
Ou vous n'aurez avec eux nulle paix.
Ceci soit dit en passant ; je me tais.
VIII. Le Coche et la Mouche
Ainsi certaines gens, faisant les empressés,
S'introduisent dans les affaires :
Ils font partout les nécessaires,
Et, partout importuns, devraient être chassés.
IX. La Laitière et le Pot au lait
Les diadèmes vont sur ma tête pleuvant :
Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même ;
Je suis gros Jean comme devant.
X. Le Curé et le Mort
Proprement toute notre vie ;
Est le curé Chouart, qui sur son mort comptait,
Et la fable du Pot au lait.
XI. L'Homme qui court après la fortune, et l'Homme qui l'attend dans son lit
Désormais je ne bouge, et ferai cent fois mieux.
En raisonnant de cette sorte,
Et contre la Fortune ayant pris ce conseil,
Il la trouve assise à la porte
De son ami plongé dans un profond sommeil.
XII. Les deux Coqs
Tout vainqueur insolent à sa perte travaille.
Défions-nous du sort, et prenons garde à nous
Après le gain d'une bataille.
XIII. L'ingratitude et l'injustice des Hommes envers la Fortune
Chose n'est ici plus commune :
Le bien nous le faisons, le mal c'est la fortune,
On a toujours raison, le destin toujours tort.
XIV. Les Devineresses
J'ai vu dans le Palais une robe mal mise
Gagner gros : les gens l'avaient prise
Pour maître tel, qui traînait après soi
Force écoutants ; demandez-moi pourquoi.
XV. Le Chat, la Belette, et le petit Lapin
Ceci ressemble fort aux débats qu'ont parfois
Les petits souverains se rapportants aux Rois.
XVI. La tête et la queue du Serpent
Droit aux ondes du Styx elle mena sa sœur.
Malheureux les Etats tombés dans son erreur.
XVII. Un Animal dans la Lune
La carrière d'Auguste a-t-elle été moins belle
Que les fameux exploits du premier des Césars ?
Ô peuple trop heureux, quand la paix viendra-t-elle
Nous rendre comme vous tout entiers aux beaux-arts ?

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