
Livre Troisième
I. Le Meunier, son Fils et l'Âne
Quant à vous, suivez Mars, ou l'Amour, ou le Prince ;
Allez, venez, courez, demeurez en Province ;
Prenez femme, Abbaye, Emploi, Gouvernement ;
Les gens en parleront, n'en doutez nullement.
II. Les membres et l'estomac
Et par cet Apologue insigne entre les Fables,
Les ramena dans leur devoir.
III.
Le Loup devenu BergerToujours par quelque endroit fourbes se laissent prendre.
Quiconque est Loup, agisse en Loup ;
C'est le plus certain de beaucoup.
IV.
Les Grenouilles qui demandent un RoiDe celui-ci contentez-vous,
De peur d'en rencontrer un pire.
V.
Le Renard et le BoucCar pour moi, j'ai certaine affaire,
Qui ne me permet pas d'arrêter en chemin.
En toute chose il faut considérer la fin.
VI. L'Aigle, la Laie, et la Chatte
Des malheurs qui sont sortis
De la boîte de Pandore,
Celui qu'à meilleur droit tout l'Univers abhorre,
C'est la fourbe à mon avis.
VII.
L'Ivrogne et sa FemmeDe Satan, reprit-elle ; et je porte à manger
À ceux qu'enclôt la tombe noire.
Le Mari repart sans songer ;
Tu ne leur portes point à boire ?
VIII. La Goutte et l'Araignée
Cataplasmes, Dieu sait. Les gens n'ont point de honte
De faire aller le mal toujours de pis en pis.
L'une et l'autre trouva de la sorte son compte,
Et fit très sagement de changer de logis.
IX.
Le Loup et la CigogneQuoi, ce n'est pas encor beaucoup
D'avoir de mon gosier retiré votre cou ?
Allez, vous êtes une ingrate ;
Ne tombez jamais sous ma patte.
X. Le Lion abattu par l'Homme
Avec plus de raison nous aurions le dessus,
Si mes confrères savaient peindre.
XI. Le Renard et les Raisins
Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats.
Fit-il pas mieux que de se plaindre ?
XII. Le Cygne et le Cuisinier
Ainsi dans les dangers qui nous suivent en croupe,
Le doux parler ne nuit de rien.
XIII. Les Loups et les Brebis
La paix est fort bonne de soi.
J'en conviens ; mais de quoi sert-elle
Avec des ennemis sans foi ?
XIV. Le Lion devenu vieux
Ah c'est trop, lui dit-il, je voulais bien mourir ;
Mais c'est mourir deux fois que souffrir tes atteintes.
XV. Philomèle et Progné
Et c'est le souvenir d'un si cruel outrage
Qui fait, reprit sa sœur, que je ne vous suis pas.
En voyant les hommes, hélas !
Il m'en souvient bien davantage.
XVI. La Femme noyée
Quiconque avec elle naîtra,
Sans faute avec elle mourra,
Et jusqu'au bout contredira,
Et, s'il peut, encor par-delà.
XVII. La Belette entrée dans un grenier
Vous êtes maigre entrée, il faut maigre sortir.
Ce que je vous dis là, l'on le dit à bien d'autres.
Mais ne confondons point, par trop approfondir,
Leurs affaires avec les vôtres.
XVIII. Le Chat et un vieux Rat
Il était expérimenté ;
Et savait que la méfiance
Est mère de la sûreté.